Ville de Genlis

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Les débuts de l’école à Genlis sous la Révolution : 


L’initiative fut prise à partir du 20 Ventose An III. Les Genlisiens demandèrent la conversion de l’ancien presbytère en école. Mais cette requête fut rejetée par le Directoire du Département de la Côte d’Or.

 Puis, dans une séance du 4 Floréal An V, le citoyen Gaspard Dubeauclair est fortement conseillé de quitter la cure de Genlis qui servait au logement des instituteurs.

En effet, l’administration avait pris des mesures concernant les instituteurs qui s’établissaient clandestinement dans une commune.

 

Le développement de l’école primaire


C’est ensuite en 1819 qu’émerge l’idée d’une « école mutuelle » dans la maison rectorale (l’école de fille) de la ville.

Quelques années plus tard, en 1834, un comité communal pour l’instruction publique est institué. Il est alors chargé de surveiller et encourager l’instruction primaire. On peut noter que ces membres ont prêté serment de fidélité, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette même année, la rétribution mensuelle par élève était de 1 F. Il y avait alors 34 élèves soit 16 garçons et 18 filles.

Cependant, l’année suivante il n’y a que 25 écoliers : 12 garçons et 13 filles. On peut noter qu’en 1935 les enfants de l’école maternelle ont bénéficié de craies et de cahiers. Puis un poêle pour la classe de fille est acheté en 1936.Cette même année, une nouvelle institutrice arrive à Genlis : c’est mademoiselle Elisabeth Chaffotte.

Puis, après 9 années de bons et loyaux services, l’instituteur communal, Monsieur Rigollot démissionne pour un autre poste. Il est alors remplacé par monsieur Masson.  

En 1842, l’école de fille est dans un piteux état. En effet, elle se trouve « dans un état presque complet de ruine, elle est enterrée et extrêmement malsaine ». L’année suivante, la commune fait construire la salle d’asile. En effet, selon le conseil de la ville, un tel établissement est bien utile pendant la pleine saison des travaux des champs pour y mettre les jeunes enfants. Puis, en 1852 on parle d’augmenter le budget pour la construction d’une maison d’école pour les garçons. Ce sera le bâtiment principal de la mairie que nous connaissons actuellement.

D’autre part, la gratuité de l’enseignement avait été demandée par les Genlisiens. En effet, ils déposèrent une pétition en 1858. Elle fut accordée puisqu’on apprend, quelques années plus tard, qu’en 1876, le nombre d’écoliers admis gratuitement dans les écoles primaires de Genlis est de 34 garçons et 28 filles. Il ne faut pas non plus oublier les 18 enfants de la salle d’asile. En effet, cet établissement était dirigé par les sœurs et était notamment destiné à accueil les plus jeunes jusqu’à six heures du soir en période de vacances scolaires (du 18 août au 1er septembre). En effet, cette mesure prise par le conseil déchargeait les mères qui travaillaient aux champs.

Des listes étaient alors dressées pour indiquer les enfants qui pouvaient obtenir la gratuité scolaire. Les mentions qui revenaient le plus souvent étaient les suivantes : peu aisé, de famille nombreuse, orphelin, sans ressources, indigent, et même parfois, enfant abandonné.  

Par ailleurs, Gabriel Charpy, dans son ouvrage sur les écoles du canton de Genlis, nous donne quelques indications sur le coût de la vie scolaire pour la commune et sur l’équipement des classes. En 1876, sur la demande de l’instituteur Hutinel, cinq élèves ayant obtenu le certificat d’études, se voient décerner par le conseil municipal un prix spécial de 20 F pour l’achat de livres. L’année suivante, cet instituteur obtient pour sa classe un globe terrestre.

Puis, en 1878, comme le matériel de géographie est en piteux état, la ville avait demandé au département une intervention pour l’achat d’un globe ardoisé, d’une carte muette et une mappemonde. L’année suivante, une somme de 50 F  est votée pour l’achat de bons points pour l’école de garçons.

Quelques indications sur l’évolution du traitement des instituteurs peuvent également être fournies. En 1878, un instituteur touchait 1 620 F alors qu’une institutrice ne gagnait que 1 100 F. En 1881, le salaire des instituteurs s’élevait à 1 700 F alors que celui des institutrices atteignait 1 200 F. Mais avant 1881, année où a été votée la gratuité de l’enseignement, les enseignants étaient payés par les parents et la municipalité.

La loi Jules Ferry (le 16 juin 1881) précisait alors qu’il ne serait plus perçu de rétribution scolaire dans les écoles primaires publiques. Une caisse des écoles est donc crée en novembre de la même année. En 1887, le traitement des instituteurs passe à 2 200 F soit 1 000 F de plus que celui des institutrices à la même époque  et pour le même travail! 

En 1882, un cours complémentaire d’enseignement primaire supérieur est crée. La classe est alors aménagée l’année suivante dans l’aile droite du bâtiment de l’école de garçons. Quelques années plus tard, en 1887, la salle d’asile devient une classe enfantine.

En 1888, l’école de Genlis se composait alors d’un cours primaire, de 2 écoles primaires de garçons, d’une classe enfantine et d’un cours complémentaire. Ces classes se trouvaient dans les bâtiments de l’école de garçons. Il y avait aussi l’école des filles dans les anciennes halles. Mais les écolières bénéficieront d’une nouvelle école. En effet, la construction d’un nouvel établissement réservé aux filles débuta à partir de 1914 pour s’achever 8 ans plus tard. Ce sera le futur groupe Jules Ferry.  D’autre part, le cours complémentaire de garçons, cours annexe, fut supprimé en 1913.

Savez-vous que ? 
La société d’émulation de Genlis

   La société d’émulation de Genlis a été créé en 1895. Elle avait pour but de développer l’instruction et l’éducation populaire par diverses actions. En effet, elle souhaitait organiser des conférences publiques sur des sujets utiles et pratiques, créer, au moyen d’abonnement à des publications périodiques, un premier noyau de bibliothèque populaire, et encourager la fréquentation des cours pour adultes.
   Les réunions de la société d’émulation avaient lieu dans une des salles de la mairie.
D’après les statuts de la société, « tout français jouissant de ses droits civils et politiques [pouvait] faire partie de la société » et « les dames y [étaient également] admises ». Quel privilège !
D’autre part, les ressources de la société provenaient des cotisations, 3 F par membre actif ou honoraire au début de l’activité de l’association, mais aussi des dons en argent ou en nature ainsi que des produits des quêtes et des collectes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Á l’origine, le président d’honneur de la société d’émulation était le maire de Genlis, M. Prudent. Le conseil d’administration était composé du président, le notaire Berthaut ; du vice-président, le percepteur Bouhin ; du trésorier, le percepteur Gibassier ; du secrétaire, l’instituteur Chevalier ainsi que du docteur Charbonneau, de l’industriel Mouriaux et du percepteur Gagey.  La majorité des membres de la société était représentée par des notables de la ville : conseillers municipaux,  vétérinaires, propriétaires et rentiers, notaires, négociants, artisans ayant pignon sur rue, médecins, industriels, ainsi que d’un huissier et , du pharmacien de la ville. Mais il y avait aussi un étudiant, un jardinier, un employé des contributions indirectes, le sous-chef de gare, un cultivateur, un employé de régie, un conducteur des ponts-et-chaussées et un employé de banque. Cependant, ceux-ci ne constituaient qu’une minorité. On peut aussi noter que la société d’émulation comptait deux femmes : une propriétaire et une épicière !

 

   Quelques années plus tard, fin 1903, la société d’émulation de Genlis est rebaptisée. Elle s’appellera désormais « Société scolaire de secours mutuels et de retraites du canton de Genlis ».

 

    Une archive de renseignements statistiques sur la « bibliothèque populaire de Genlis » nous apprend qu’en 1903 il y a eu 207 volumes empruntés. Dans ce document , il est précisé que les Genlisiens préféraient lire des publications littéraires, scientifiques et agricoles d’actualité ainsi que des ouvrages historiques comme Monde moderne, Lectures pour tous et Agriculture moderne. Les archives municipales nous ont même livré le catalogue de 1904 des livres que possédait la société depuis sa création : il nous donne alors un aperçu des lectures de l’époque. Il y avait en tout 128 volumes dont de nombreux périodiques.

 

 2 R 277 : société d’émulation, 1895-1904

 

 

 

 



[1] CHARPY Gabriel. Les Écoles du canton de Genlis en 1900 à travers les cartes postales. Genlis : imprimé à la mairie de Genlis, 1986. 50 p.