Ville de Genlis

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L’ancien cimetière de Genlis

   Il était situé à l’emplacement de la salle Saint-Martin et ses environs. Dans sa monographie, Patouillet  nous dit, qu’il n’était occupé que sur deux tiers lors de la démolition de l’ancienne église. Celle-ci se trouvait dans sa partie nord, et le tiers restant était un enclos qui appartenait aux Chartreux de Dijon. Toujours selon cet auteur, il y aurait plusieurs actes de décès de 1691 qui font mention d’une tour dans le cimetière proche de la chapelle Saint-Antoine. D’autre part, il précise que depuis le jardin du château, le châtelain pouvait se rendre à la chapelle familiale, la chapelle Saint-Claude par une porte pratiquée dans le mur du cimetière. Cette servitude a cessé d’exister lors de la démolition de l’ancienne église.

   Les archives  nous apprennent que le 10 novembre 1791, la commune souhaitait acheter une portion de terre d’environ deux tiers de journal au curé Fresne, de Genlis, pour agrandir son cimetière. Ce document insiste bien sur la petitesse du lieu et sa situation au milieu du village qui répandait une odeur fétide qui incommodait tous les habitants. Dans un registre des délibérations du conseil du 23 janvier 1792, on apprend  alors que le « conseil autorise à profiter de l’offre que M. Fresne curé dudit lieu fait à la commune de lui remettre l’acquisition qu’il a faite moyennant 405 F d’un terrain  appartenant cy devant aux Chartreux par adjudication faite au district le 13 juillet 1791 à la charge de rembourser à mondit sieur le Curé […] ». Un autre document, du 9 juillet 1792 porte  encore sur l’acquisition  de ce terrain pour « l’établissement d’un cimetière faite par la commune de Genlis sur M. Fresne ancien curé dudit lieu ». Ainsi, « par devant le notaire de la résidence de Genlis y demeurant le 9 juillet 1792 la quatrième année de la liberté avant midi » exactement ! Ce document était scellé par un sceau de papier qui représentait l’aigle couronné du canton de Genlis.

   D’autre part, un document du 27 avril 1831, portant sur la construction d’un mur mitoyen au cimetière, fournit un plan du quartier de l’ancienne église et de son cimetière. On a alors un aperçu sur l’aspect de l’église  et  sur l’emprise du cimetière. Ce plan a été dressé par « Bénigne Chevalier arpenteur géomètre patenté au n° 36 domicilié à Genlis » sur la demande du « sieur Pierre Mercier entrepreneur en maçonnerie résidant audit Genlis ». Il a alors levé le plan du l’emplacement où M. Mercier voulait faire construire une maison qui aboutira de nord-ouest sur le mur de clôture du cimetière.

 

Le nouveau cimetière de Genlis

vue aérienne du cimetière

Étant donné l’état du cimetière, c’est le 17 avril 1885 qu’est décidé l’établissement d’un nouveau cimetière à Genlis. En effet, il s’agit d’ « une mesure de salubrité publique dont l’urgence n’a jamais été contestée ».  Mais ce nouvel aménagement et la suppression de l’ancien ne sont pas sans poser problème pour les concessions trentenaires ou bien à perpétuité prévue pour l’inviolabilité des sépultures.

 En ce qui concerne le financement du projet, il est prévu que  « pour parvenir à la suppression du cimetière situé dans l’intérieur du village et pour opérer sa translation sur un point plus convenable du territoire, toutes les ressources provenant des concessions accordées en vertu de ce règlement du 8 août 1875 seraient spécialement affectés à la constitution d’un fonds de réserve destinés à subvenir ultérieurement à l’acquisition d’un nouveau cimetière ». 

Quatre jours après, une enquête portait sur l’acquisition de terrains pour mettre en place ce nouveau cimetière. Cette enquête porte sur quatre parcelles de terrain contiguës appartenant aux sieurs Thomas Jules et Thomas Hippolyte.

Le commissaire enquêteur conclut que l’emplacement choisi convenait sur tous les rapports pour établir le cimetière tant pour sa position à l’est du village que par la nature du sol et par son étendue. Ce terrain contenait presque un hectare et demi. Les travaux de terrassement furent réceptionnés le 18 janvier 1888. Ils avaient été réalisés par M. Gault entrepreneur à Genlis.

L’aménagement comprenait la création d’allées et le réglage des terres qui proviendraient de ce terrassement. L’allée principale devait mesurer 5 mètres de large et les allées létales et transversales, 3 mètres. Le gravier ne devait être mis en place dans les fouilles que lorsque celles-ci seront entièrement terminées et que le fond aurait été bien damé par le passage des ouvriers.

La clôture devait mesurer 2 mètres de haut, sans compter sa couverture, et 440 mètres de long. Il devait être percé d’une entrée principale de 3 mètres de large et d’une porte ordinaire de 0.90 mètre de large sur 1.90 mètres de haut. Leurs portent devaient être en fer forgé.

    Les archives concernant le cimetière de Genlis ont aussi livré une lettre intéressante du curé de Genlis, M. Guérin.

Elle est datée du 21 décembre 1887 et il s’agit d’une proposition pour l’inauguration du nouveau cimetière. Lisons en un extrait : 

« Les travaux d’aménagement du nouveau cimetière me paraissent assez avancés pour en permettre l’inauguration au printemps prochain. Quoiqu’il soit dans mes principes et mes habitudes de ne point m’ingérer en des affaires qui ne sont légalement pas de mon ressort, vous ne trouverez cependant pas étrange que, représentant attitré des intérêts religieux d’une population catholique, je me préoccupe de donner à notre commun champ de repos un caractère en harmonieux croyances de cette population. C’est dans ce but que je viens vous prier de me permettre d’élever au centre du futur cimetière le signe de notre croyance, c’est-à-dire une croix monumentale, digne du lieu qu’elle doit ombrager, digne aussi du bel ouvrage que l’administration communale vient de construire et d’aménager.

Peut-être pourrait-on faire plus, et que la souscription que je me propose d’ouvrir à ce sujet atteignait une somme convenable, je crois que ce serait faire œuvre d’art et d’utilité, de donner pour socle à la croix projetée un édicule de quelques mètres carrés, qui pourrait permettre d’y célébrer l’office des morts à certains jours de l’année et servir de dépositoire momentané à des corps, dont les familles auraient des motifs de différer le transport ou l’inhumation. Si vous voulez bien m’autoriser à mettre mes projets à exécution, je vous serais reconnaissant de m’en aviser avant le jour de Noël prochain, afin que je puisse profiter de l’assemblée plus nombreuse à l’église ce jour-là pour annoncer la souscription dont je m’occuperais immédiatement. […] ».